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Les Geneve d'hier et aujourd'hui

Si la ville de Genève, située à l'embouchure du lac Léman, est la première de ce nom, elle a suffisamment marqué les esprits pour voir une multitude d'autres villes, bourgs, villages ou lieux-dits reprendre son nom.

La ville suisse de Genève, devenue la "Rome protestante", est indubitablement à l'origine de ces nouvelles "Geneva" qui se sont multipliées de part le monde. L'influence du calvinisme et l'image de la "Cité de Calvin", qui perdurent aujourd'hui encore, sont le point essentiel de ces nouvelles communautés, quand bien même elles furent créées pour la majeure partie au courant du XIXe, à la suite de forts flux migratoires.

Notons cependant que la Genève helvétique n'est pas toujours la source des dénominations. Certaines villes américaines ont ainsi été baptisées Geneva en souvenir d'une autre Geneva, située sur la côte est des Etats-Unis. Plus encore, elles ne sont pas forcément créées par des Genevois, mais le plus souvent par des protestants d'origines variées.

Fondation de Genève, au bord du lac Léman

Sur le plan historique de la fondation de Genève, on reprendra les mots du Prof. Charles Hussy : "Genève entre dans l'histoire écrite grâce à la conquête romaine, un bon siècle avant notre ère. Le site est une colline et un pont tenus par les Allobroges, et qui vont intéresser Jules César, proconsul des Gaules. Celui-ci, en effet, y stoppe l'avancée des Helvètes vers la Narbonnaise, les vainc à Bibracte (soit plus à l'ouest, dans le Morvan) en -58 et les renvoie vers le Nord. Tous ces faits sont remarquables du point de vue de la position d'une ville : buttoir des expansions barbares, Genava2 cristallise un champ de forces entre la Gaule romaine, qui l'érige en civitas, et les hordes successives. En 260, ce sont les Alamans qui ravagent l'Helvétie, forçant les habitants des villas campagnardes à se regrouper et à fortifier la ville, désormais gallo-romaine. En 443, la Sapaudia est constituée (« Pays des sapins »), avec pour centre Genava. L'empire installe les Burgondes, peuple de foi arienne, pour assurer la paix romaine. Le roi franc Clovis est converti par son épouse Clotilde à la foi catholique, ainsi que leur neveu Sigismond ; la ville est capitale et résidence de la famille royale burgonde. C'est la Première Genève, capitale régionale ; elle passera ensuite sous le pouvoir franc. A l'époque féodale, le pouvoir à Genève met en présence le comte et l'évêque, mais ce dernier jouit du droit seigneurial à l'intérieur de la ville et sur les adventicii ayant séjourné un an et un jour ; or, bientôt, la cité va entrer résolument dans le mouvement communal. Le commerce au XIIe siècle confirme la réussite de la ville, faisant émerger un quatrième ordre qu'on appelle celui des bourgeois ou citoyens, détenteurs du pouvoir financier. Le texte fondateur de la communauté genevoise est l'acte de franchises signé en 1387 par l'évêque Adhémar Fabri. Cette Genève des foires, au milieu du XVe siècle, est un véritable carrefour culturel attirant une élite d'Allemagne et d'Italie. Mais elle paie à nouveau le prix de sa position, comme elle l'a fait d'abord face à la Gaule, cette fois-ci face à la France ; car c'est le roi de France qui, une première fois, posera une limite aux ambitions genevoises, en 1460, par des mesures restrictives favorisant les foires de Lyon aux dépens de celles de Genève : survient alors une phase de repli. Exposée à tous les remous, avancées et reflux de l'histoire régionale, Genève en effet réagit par repli, auto-invention, puis bientôt par auto-confinement."

A suivre !


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